Retour

Saint-Barthélemy : l’École privée catholique Sainte-Marie de Colombier a fêté ses 100 ans

Informations

dimanche 26 avril 2026
Diocèse de Guadeloupe

Samedi 25 avril 2026, la communauté paroissiale de Saint-Barthélemy s’est rassemblée dans une atmosphère à la fois festive et recueillie pour marquer un événement d’exception : le centenaire de l’École Sainte-Marie de Colombier.

Cent années d’histoire, de transmission et d’engagement célébrées dans la joie, mais aussi dans une profonde reconnaissance envers celles et ceux qui ont façonné l’âme de cet établissement. Fondée en 1926 dans un contexte où tout devait être bâti, l’école n’a pas vu le jour sans difficultés. Il a fallu de la détermination, de la foi et un engagement sans faille pour poser les premières pierres de ce projet éducatif. Les religieuses, à l’origine de cette aventure, ont joué un rôle essentiel, affrontant les obstacles matériels et humains pour offrir aux enfants de l’île un lieu d’instruction et d’éducation enraciné dans l’Évangile. Leur courage et leur persévérance ont permis de faire naître une institution qui, un siècle plus tard, continue de porter du fruit.

Une véritable institution sur l’île

Depuis lors, l’École Sainte-Marie de Colombier s’inscrit pleinement dans la mission de l’enseignement catholique : instruire, éduquer et accompagner chaque élève dans toutes les dimensions de sa personne. Au fil des générations, elle a su transmettre bien plus que des savoirs académiques : des valeurs de respect, de solidarité, de fraternité et d’ouverture aux autres, au cœur du projet éducatif chrétien, sur cette île du nord, collectivité d’outre-mer, partie intégrante du diocèse de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre.

Ce centenaire a également été l’occasion de rendre un hommage appuyé à toutes celles et ceux qui, dans la discrétion et la fidélité, font vivre l’école au quotidien. Aux côtés des religieuses, les enseignants, les personnels éducatifs, les aides maternelles et les équipes administratives — majoritairement laïcs aujourd’hui — poursuivent avec conviction cette mission d’éducation intégrale. Leur engagement, souvent silencieux mais essentiel, constitue le socle vivant de cette œuvre éducative.

Un lieu d’éducation et de croissance humaine


La journée commémorative a débuté par une messe célébrée à la chapelle de Colombier, présidée par le Père Gérard Foucan, vicaire général du diocèse, entouré du Père Rulx-André, curé de la paroisse. Dans son homélie, il a souligné l’importance de l’éducation catholique comme lieu de croissance humaine et spirituelle, rappelant combien l’école est appelée à être un espace de lumière et d’espérance pour les jeunes générations. Des témoignages, comme celui de Mme Nicole GREAUX (voir notre encadré ci-dessous) ont permis de replonger non sans émotion dans le vécu de toutes ces années au sein de cette école Sainte-Marie.

À l’issue de la célébration, la bénédiction de l’établissement a constitué un moment fort, empreint d’émotion. Une exposition de photographies est venue prolonger ce temps de mémoire, permettant aux anciens élèves, aux familles et aux habitants de redécouvrir les visages et les moments qui ont jalonné l’histoire de l’école.

La fête s’est ensuite poursuivie dans une ambiance chaleureuse et conviviale, faite de rencontres, de souvenirs partagés et de témoignages. Plusieurs générations se sont ainsi croisées, illustrant la continuité et la vitalité d’une institution profondément ancrée dans la vie locale.

Au-delà de la célébration, ce centenaire rappelle combien l’École Sainte-Marie de Colombier demeure, aujourd’hui encore, un lieu d’espérance et de formation, fidèle à ses racines et tournée vers l’avenir. Héritière d’une histoire exigeante, portée par l’engagement des religieuses et relayée avec force par les équipes éducatives actuelles, elle continue d’éclairer le chemin des enfants qui lui sont confiés, dans un esprit de confiance, de foi et de fraternité.

Le service diocésain de la communication (Avec la paroisse de Saint-Barthélémy)

POUR ALLER PLUS LOIN

HOMMAGE DE MME NICOLE GREAUX A L'OCCASION DU CENTENAIRE DE L'ECOLE SAINTE MARIE DE COLOMBIER 

Aujourd'hui nous fêtons les 100 ans de l'école Sainte Marie mais ce que nous devons savoir c'est que dès l'année 1922 que Mademoiselle Henriette Malespine commence à militer pour la création d'une école privée catholique à Saint-Barthélemy. Cette ancienne institutrice de l'école publique et laïque va vite se désengager du public parce qu'elle voulait avant tout que les enfants de l'ile reçoivent une éducation basée sur les valeurs chrétiennes.

Femme tenace et courageuse, elle n'abandonne pas la partie malgré les refus de l'instruction publique de Guadeloupe. Elle s'associe au projet du Père de Bruyn qui souhaite dispenser une instruction aux enfants de la campagne. Leur combat pour l'éducation porte ses fruits, le 1er mars 1926 avec l'ouverture de l'école Sancta Maria (là où se trouvait l'école de danse détruite par Irma). 

C'est donc sous la direction de Mademoiselle Malespine que 35 élèves de la campagne (sous le vent) étudient à l'école catholique dès la première année. A cette époque, il n'y a ni association de parents d'élèves et encore moins une OGEC pour gérer l'école et c'est ainsi que Mademoiselle Malespine gère avec une grande rigueur toutes les affaires de l'école et ce jusqu'en 1931 où elle est rejointe par trois « monitrices ». Sur le registre de l'école, elle note toutes les absences des élèves en précisant même les causes quand les absences étaient plus nombreuses. On peut y lire « temps pluvieux ». 

Il y a aussi le cahier où elle tient les comptes pour la cantine et comme l'éducation des enfants est la priorité, l'école s'adapte au portefeuille de chacun et sur ce cahier on découvre que beaucoup de paiements sont effectués en nature : 12 figues, 2 paquets de riz ou 1 paquet de bois. Elle avait même acheté des vaches pour nourrir d'un bol de lait les enfants qui arrivaient à l'école le ventre vide. 

Les années ont passé et en 1947, Mademoiselle Malespine est partie à la retraite et elle a dans un premier temps été remplacée par des religieuses qui ont été au nombre de 8 de 1948 à 1979 : Sœur Yves de Jésus, Sœur Suzanne de Saint-Louis, Sœur Yves et Sœur Jeanne Maurice, Sœur André du Sacré Cœur, Sœur Cécile de Saint-Pierre, Sœur Françoise et Sœur Danièle. Rendons un hommage tout particulier à ces religieuses pour leur courage, leur abnégation et leur sens du devoir. C'est en 1979, qu'une laïque va finalement succéder à Mademoiselle Malespine en la personne de Madame GRÉAUX CARIEN Christiane jusqu'en 2001, puis ce fut Madame CECCALDI Marie Christine, suivie de Madame GRÉAUX Lucienne de 2004 à 2017, de Madame BLANCHARD Eve : 2017-2021 et aujourd'hui nous avons Madame REBATEL Laurence.

En ce jour nous portons dans nos prières Madame GRÉAUX Christiane qui a beaucoup œuvré pour le bien être des jeunes générations. Et à celles qui profitent aujourd'hui d'une retraite bien méritée nous leur souhaitons une longue vie. Il nous serait difficile de passer sous silence certains enseignants qui pendant de longues années ont marqué la vie de l'école. Je voudrais citer Madame LÉDÉE Lucina qui a appris à lire et à écrire à tant de générations gardant précieusement sa classe de C.P, Madame GRÉAUX Arlette, qui avec sa maternelle a donné à tant de petits le goût de l'école et de l'apprentissage, la tâche n'était guère facile. Monsieur Jean-René LAPLACE semeur de joie et de bonne humeur qui n'a pas ménagé ses efforts. J'ai voulu citer ceux qui ont eu la plus grande carrière. Mais n'oublions pas les aides maternelles comme Madame Renée MARCHAND, Madame BRIN Lisette, Madame Paulette PAYET et les autres.

Le temps s'est écoulé, les cyclones ont eu raison des vieux bâtiments et après des années de travaux, l'école a occupé les anciens bâtiments du centre de Préformation. IL a fallu beaucoup d'efforts et nous sommes fiers aujourd'hui de pouvoir faire profiter aux enfants de beaux bâtiments même si tout n'est jamais terminé. Nous avons aussi pu construire des logements pour les enseignants ce qui leur permet de jouir d'une plus grande disponibilité. Des jeunes originaires de l'ile, ont pu aller se former et ont rejoint le corps enseignant. Ce sont environ 210 élèves qui chaque année fréquentent notre école qui doit continuer à s'ouvrir sur le monde tout en respectant les valeurs fondatrices qui ont forgé l'âme de l'école Sainte-Marie.

A vous tous, je tiens à souhaiter un joyeux centenaire dans la joie et la bonne humeur et que notre école puisse perdurer longtemps encore en traversant les siècles.

Nicole CREAUX

 

Le témoignage de Madame Lucienne GREAUX, enseignante à la retraite qui dirigea cette école 13 années durant. 

J’ai enseigné pendant toute ma carrière à l’Ecole Ste Marie et assuré la direction de l’école pendant 13 ans. C’est un réel bonheur de vous voir si nombreux, pour fêter les 100 ans de notre école, cela montre bien l’importance qu’elle a eu et a encore pour les habitants de notre île.

Je ne vais pas vous faire un grand discours, cela n’a jamais été mon exercice de prédilection, ni retracer le passé si riche de cette école, ce qui a déjà été si bien fait, mais vous relater quelques souvenirs, qui sont pour moi inoubliables.

Quand j’ai intégré l’école Ste Marie, en tant que jeune enseignante en 1979, dans l’équipe de Sr Daniel, Mme GREAUX Christiane, Mme LEDEE Lucina, j ‘ai été fortement impressionnée par la cohésion de cette équipe, non seulement par rapport à la pédagogie, mais aussi par rapport aux valeurs chrétiennes, morales, humaines qui étaient enseignées.  Leur exemple a certainement façonné ma vocation d’enseignante.

J’ai été aussi agréablement surprise de constater l’a achement profond, presque viscéral des parents d’élèves pour leur école, ce que je comprenais mieux au fur et à mesure que je m’imprégnais de son histoire, des difficultés des fondateurs pour la créer, de la générosité des donateurs, du dévouement sans failles des familles Blanchard, Magras, Gréaux et autres au sein de l’Apel et de l’Ogec.

L’équipe enseignante était composée de collègues de Guadeloupe, de Métropole, qui se succédaient puis s’est encore enrichie et stabilisée par l’arrivée de Jean René, de Sr Elisabeth, Arle e, Nathalie, Eve.

Je me souviens de travaux réalisés le dimanche matin par des parents d’élèves (mon mari président d’OGEC en faisait partie).

Je me souviens des kermesses et des dîners dansants organisés par Mme Gréaux, l’équipe enseignante et les parents pour apporter des fonds à l’école

Je me souviens des spectacles grandioses de fin d’année où on redécouvrait nos élèves sous un autre angle car ils s’épanouissaient sur un podium par le chant, la danse, le théâtre.

Je me souviens des voyages de fin d’année des CM2, récompense de fin de scolarité avec Mme GREAUX et Jean René à Saint-Martin ou Guadeloupe ce qui instaurait un rapport différent entre élèves et enseignants

Je me souviens des concertations et formations inter écoles pour les enseignants, des rencontres sportives, notamment de basket sur le terrain de sport de l’école. 

Je me souviens surtout de la réputation, de la renommée de notre école, grâce aux excellents résultats scolaires de nos élèves.

Je me souviens...quand mon fils ainé était en CM2 avec Mme GREAUX, en fin d’année, était organisée une matinée d’immersion au collège, les élèves disaient “ on va visiter le collège”

Quand il est rentré, il m’a dit “ aujourd’hui, on a visité le collège. Le principal et tous les gens que l’on a rencontrés nous ont félicité pour notre comportement et nous étions fiers de dire que nous venions de l’école Ste Marie. 

Au départ à la retraite de Christiane Gréaux, le Pére Baumelin, directeur diocésain est venu enquêter pour savoir, qui de Jean-René d’Arlette ou Lucienne souhaitait assurer la relève, en prenant la direction de l’école. Comme aucun d’entre nous n’a accepté d’exaucer son souhait c’est Marie-Christine Ceccaldi, enseignante à St Joseph qui a assumé cette fonction pendant 4 ans, et c’est à elle que l’on doit le très beau projet de la semaine du patrimoine avec Arlette, Jean-René, Edith, Nathalie, Christiane...

En 2004, sollicitée de nouveau, et encouragée par Marie Christine, j’ai accepté avec bonheur et humilité la mission et le père Baumelin était heureux de nommer pour la première fois une enseignante, originaire de St Barth à la direction de l’école Ste Marie.

Diriger une école, c’est une mission difficile, mais combien enrichissante. Ce n’est pas une entreprise avec un patron et des employés. C’est une grande famille, une communauté ou chaque membre doit jouer son rôle, et j’ai toujours eu la chance d’avoir l’appui de mon équipe. 

Nous avons concrétisé bien des projets ensemble, la fête des 80 ans de l’école, la mise en page du livret patrimoine, la créa on du logo de l’école, l’obtention d’une classe supplémentaire, la création d’un poste de regroupement d’adaptation pour les 2 écoles privées catholiques l’école St Joseph avec laquelle il y avait une grande collaboration et des projets communs sous la direction de Nathalie Ferrand, puis de Marie-Claire Christophe.

Le chef d’établissement donne le cap et doit gérer le volet administratif, financier, pédagogique, pastoral, humain. Il y a des décisions parfois difficiles à prendre mais que l’on doit assumer. Il y a l’équipe enseignante, les aides maternelles, le personnel non enseignant OGEC et territorial, les parents, l’Apel et l’OGEC (je profite de l’occasion pour dire que j’ai eu la chance de travailler avec des équipes formidables avec Christian Turbé, Jean Charles Gréaux, Sandrine Reynal, Sylvie Aubin et bien d’autres), avec Sandrine Berry au secrétariat.

Il y a les instances rectorales et diocésaines, les services de la collectivité, tous les autres partenaires et surtout, surtout les petits élèves qui nous sont confiés.

A vous, les enfants, je m’adresse ce soir, soyez heureux de fêter votre école ; de découvrir la richesse de son histoire, soyez, comme le disaient vos parents fiers d’appartenir à l’école Ste Marie et rendez vos enseignants fiers de vous.

A Laurence chef d’établissement, aux enseignants, Nathalie, Jessica, Be na, Cécile, Sandrine, Séverine, Kelly, à toutes les autres que je connais moins, mais que je côtoie régulièrement en récupérant mes petits enfants à l’école (Astrid, Pauline, Mélissa, Marie Aziza, Anne Lies, Paloma) je vous souhaite beaucoup de courage pour continuer à écrire l’histoire de l’école.

Quant à vous parents, n’hésitez pas à rejoindre l’APEL et l’OGEC. Certes, cela demande un peu de votre précieux temps, ce n’est pas du temps perdu, mais du temps consacré d’une autre manière à vos enfants et à tous les enfants de l’école.

Quant à moi, j’ai eu le privilège d’être un petit maillon de cette formidable chaîne humaine et j’en suis fière.

Merci de m’avoir écoutée

Madame Lucienne GREAUX,

100 ans de l’Ecole Sainte-Marie de Saint-Barth,

Le 25 avril 2026